Mathieu Pernot s’inscrit dans la tradition d’un art politique nourri d’histoire et de sociologie. Il procède par séries qui sont autant de points de vue analytiques et successifs sur les grandes questions politiques et sociales de l’identité et de la mémoire, de l’aliénation et du progrès. S’il maîtrise les conventions du documentaire social (sérialité, frontalité, précision, neutralité), c’est pour mieux les dépasser, dans les images tendues des Hurleurs, ou dans les détails spectraux des Témoins qui réutilisent des images existantes.